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Bilan 2019 des perturbations dans l'aérien : près de 600 millions d'euros d'indemnités dues aux passagers !

Bilan 2019 des perturbations dans l'aérien : près de 600 millions d'euros d'indemnités dues aux passagers !

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L'année 2019 s'est terminée difficilement pour les usagers des transports et l'aérien a aussi connu des perturbations. Malgré tout, 2019 fait mieux que 2018 selon notre bilan annuel*. Au total, 2,5% des vols au départ ou à destination de la France ont connu des perturbations contre 3,8% l'année précédente. Cela représente un total de près de 600 millions d'euros de compensations financières dues par les compagnies aux 3 millions de voyageurs concernés !

Cocorico ! Air France et HOP! se sont améliorées en 2019

C'est l'heure du bilanAir Indemnité a fait le point sur les perturbations (annulations et retards supérieurs à 2 heures) qui ont touché le transport aérien ces 12 derniers mois. Celles-ci ont affecté 3 millions de passagers (contre 4,5 millions l'année précédente), ce qui reste conséquent pour une année relativement calme par rapport à la précédente, qui fut marquée par de très fortes perturbations : « 2018 avait été particulièrement difficile pour Air France, à cause des grèves de son personnel, qui avaient duré plusieurs mois », rappelle Laura Vol, Directrice Marketing et porte-parole d’Air Indemnité.

Aussi, avec 2,5% de taux de perturbations sur l'année qui vient de s’écouler, les compagnies aériennes font certes mieux qu'en 2018, mais leur potentiel d'amélioration demeure important.

Ce sont notamment les Françaises Air France et sa filiale HOP! qui tirent leur épingle du jeu, enregistrant une baisse de 50% de perturbations ! 

Moins d'annulations en 2019 mais des retards toujours importants

En termes d'annulations, l'année 2019 fait donc mieux. Mais là encore, ce constat s'explique notamment par une année sans grèves ou presque « à l’exception du mois de décembre 2019 », souligne Laura Vol.  Contrairement à l’année 2018, Air France, qui pèse pour 30% du trafic aérien depuis/vers les aéroports français, n’a pas eu à souffrir de grèves massives de la part de ses personnels.

Mais si la baisse des annulations avoisine les 50%, en revanche, côté retards, les passagers restent très touchés. En 2019, les retards ont baissé d’à peine 20%. Dans le détail, ce sont les compagnies low-cost qui font un peu moins bien que les régulières, affichant 10% de perturbations en plus. 

29 années de retard cumulées !

Même si, en 2019, les compagnies se sont montrées relativement plus ponctuelles - il faut dire que l'année 2018 s'était tristement illustrée en la matière, représentant 34 années de retard au cumul ! - les retards cumulés représentent tout de même 29 années en 2019 ! Sur ce point, certaines compagnies s’illustrement mieux que d’autres avec un faible taux de retard sur l’année.

Les 3 compagnies ayant affiché les meilleurs taux de ponctualité en 2019 sont : 

  • Lufthansa : 0,41% de retard
  • Alitalia : 0,45% de retard
  • Iberia : 0,51% de retard

Les liaisons aériennes domestiques les plus sinistrées en 2019 :

(infographie Le Parisien)

Près de 600 millions d'euros d'indemnités à verser aux passagers

Sans surprise, les indemnités potentielles que peuvent réclamer les passagers affectés par les perturbations de vols sont donc conséquentes. En effet, dans le cas d'un retard à l'arrivée de plus de 3 heures, d'une annulation (quand la compagnie ne respecte pas un délai de prévenance de 14 jours minimum) ou d’un refus d'embarquement pour cause de surbooking, un règlement européen prévoit la possibilité pour le passager d'être indemnisé par la compagnie.

Or, « beaucoup de passagers ignorent encore leur droit et ne les réclament pas. Dans le cas d’un retard au départ de l’UE, les passagers pourraient être indemnités dans le cas où le retard dépasse les trois heures. L’indemnité est forfaitaire et dépend de la distance parcourue : elle va de 250 euros pour les court-courriers, jusqu’à 600 euros », a ainsi rappelé le responsable juridique d'Air Indemnité, Baptiste Lo-Presti, au micro d'Europe 1.

Pour l’année 2019, les compagnies doivent ainsi 590 millions d'euros de compensations financières aux voyageurs touchés par une perturbation éligible au regard du règlement CE 261/2004.

Un nombre de faillites élevé en 2019

Le montant de ces indemnités aurait pu être encore plus élevé si un phénomène, qui a forcément impacté le taux de sinistralité des compagnies, n'avait pas particulièrement touché l'aérien en 2019 : les faillites.

Selon un bilan relayé par Air Journal, 23 compagnies, dont 9 européennes, ont cessé leurs activités en 2019, affectant au passage les voyages de plusieurs centaines de milliers de passagers.
Les Françaises XL Airways et Aigle Azur, mais également les compagnies aériennes dépendant du voyagiste Thomas Cook, en font partie.

Malheureusement pour les voyageurs qui dépendaient de ces transporteurs, aucune indemnité n'est possible, comme le rappelle Baptiste Lo-Presti : « En cas de dépôt de bilan d’une compagnie, les billets d’avion ne sont généralement pas remboursés et aucune indemnité n’est possible. Les passagers peuvent toujours s’inscrire au registre des créanciers une fois la procédure judiciaire entamée (redressement ou liquidation), mais cela est long et généralement vain. En effet, les passagers sont loin d’être prioritaires dans l’ordre des créanciers. ».

 



*Période observée : du 1er janvier au 24 décembre 2019 pour les vols au départ et vers la France (1 132 026 vols) et pour les compagnies effectuant au moins un vol par jour

 

Auteur : Vanessa d'Air Indemnité

Crédit photos : © Sumanley - Pixabay

Rédigé le 03/01/2020

Tags : Études de cas

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